A
Action paysagère
« mise en œuvre située, organisée « par le moyen de l’environnement, de ses ressources et de ses contraintes » (Ogien et Quéré, 2005), où l’échelle du grand paysage dessine les réflexions et les formes du devenir, sans déterminer le projet et l’usage de l’espace » (Davodeau et Lelli in Sallenave et al., 2024).
B
Bassin versant
« portion d’espace terrestre à l’intérieur de laquelle tous les écoulements, en surface ou en profondeur, se dirigent vers le même exutoire (cours d’eau, lac ou mer) » (Géoconfluences, 2023).
Bassin de vie
« petit territoire sur lequel les habitant.e.s ont accès aux équipements et services les plus courants » (INSEE, 2016), intégrées dans un environnement de vie large, qu’il soit anthropisé ou non.
Bien commun
Notion polysémique désignant généralement des biens dont la propriété est collective. Issu de la notion latine et intégré au droit public, le bien commun est assimilé au res communis, chose inappropriable par essence. Un bien commun n’est pas nécessairement public et/ou n’appartient pas à l’État. Dans le cas du Rhône, il s’agit de comprendre cette entité paysagère, géographique, hydrologique, etc., comme une ressource collective, valorisable mais fragile.
Biodiversité
« diversité des espèces vivantes et de leurs caractères génétiques » (Larousse, 2024). Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), cette notion désigne également les écosystèmes dans lesquels l’ensemble des êtres vivants s’installent et les interactions de ces derniers entre eux et avec leurs milieux. L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) alerte quant à lui sur le recul de la biodiversité, un appauvrissement et des pertes (espèces, diversité, etc.) rendant un état de la biodiversité insatisfaisant en Suisse.
Biorégion
« territoire délimité par des caractéristiques écologiques relativement homogènes et autonomes en cohérence avec la population, sa culture et son histoire » (Latouche, 2019). Le concept est apparu dans les années 1970. Au-delà de la prise en compte de limites dites naturelles (climatologie, biologie, géomorphologie, etc.), le terme intègre aujourd’hui une dimension d’interaction entre les espaces vivants et leurs pratiques.
C
Carte
« représentation graphique [permettant] de repérer les lieux et l’extension des phénomènes géographiques » (Géoconfluences, 2021).
Carte sensible
représentation d’une « information relevant du sensible ou de l’émotionnel » (Géoconfluences, 2023). La carte sensible œuvre au-delà des limitations des méthodes traditionnelles de représentation spatiale pour saisir les dimensions spatiales vécues et perçues du réel, par le biais de méthodes de recherche qualitative.
Cohabitation des vivants
À l’échelle locale, manière d’envisager les relations entre l’ensemble des êtres vivants. Dans une perspective plus large, schéma de pensée dans lequel s’inscrit ce projet et visant à observer les liens entre humains et non-humains et à favoriser les alliances entre tout.e.s, dans une perspective d’échanges, de réciprocité et de compatibilité (Morizot, 2018).
Communs (les)
« ressources gérées de manière collective par une communauté, [reposant] sur une pratique qui établit des règles d’accès et de partage » (Géoconfluences, 2018). Aujourd’hui les réflexions et débats interrogent les liens entre ressources, communs et bien commun dans le partage de l’espace.
D
Dispositif sensible
Ensemble des méthodes d’observation, de représentation et d’analyse permettant de décrire, visualiser et interpréter le paysage du Rhône genevois. Cette méthodologie intègre une palette de méthodes : images, dessins, photographies, vidéos, time-lapse, sons, cartes, etc.
F
Fleuve
« Cours d’eau important, généralement caractérisé par une très grande longueur et largeur, un débit abondant, des affluents nombreux, et qui se jette le plus souvent dans la mer » (CNRTL, 2024). D’un point de vue symbolique mais aussi matériel, un fleuve représente également un axe structurant d’un territoire, en termes de paysages, d’écologie, d’économie et plus largement de vie.
H
Habitabilité
« Occuper habituellement un lieu » (CNRTL, 2024). Si M. Heidegger s’est attaché à comprendre les rapports d’interaction entre les individus, les sociétés et l’espace, le concept d’habiter intéresse également de nombreux philosophes contemporains (Simay, 2019) mais aussi des géographes (Lazzarotti, 2006). Réactualisé depuis les années 2000, le terme ne cesse donc de s’enrichir pour intégrer notamment les manières d’habiter, les relations entre le vivant et le lieu, le partage et l’appropriation d’un espace (Barrioz et Laslaz, 2025).
Humain – non-humain
Sert à qualifier un ensemble du vivant intégrant, dans un même système, les végétaux, les animaux, dont les êtres humains, les micro-organismes, visibles et invisibles. Au-delà du partage entre nature et culture ainsi que de la construction de l’être humain comme extérieure aux dynamiques du vivant, le terme permet d’aborder la faculté d’action de l’ensemble des êtres dans la fabrique des paysages. (Définition inspirée par Philippe Descola, 2013)
M
Médiation scientifique
Processus et actions permettant de diffuser des connaissances scientifiques et données intellectuelles auprès d’un large public.
Méthode
Moyen permettant, à partir de l’élaboration d’une problématique et d’hypothèses, d’obtenir un résultat.
Méthodologie
« ensemble de règles et de démarches adoptées pour conduire une recherche » (CNRTL, 2024).
O
Observatoire paysager
Projet structurant visant à étudier, par le biais de l’observation et de l’analyse, certains aspects ciblés du paysage du Rhône genevois, regroupés sous forme de thématiques cartographiées.
P
Parc
Terme générique qui rassemble des réalités diversifiées. En paysage, il peut être à la fois aménagé, associant des jardins et des espaces de loisirs (parc urbain par exemple), partiellement aménagé ou non aménagé. À une échelle territoriale plus vaste (parc d’agglomération, parc agricole urbain…), il peut également réunir différentes fonctions et types d’espaces (gestion naturelle, fréquentations diversifiées). Historiquement, ce terme a permis d’associer des objectifs de préservation (Parc national du Yosemite (1890) et réserve de chasse de Derborence (1911)). En 2017, dans la pré-étude de la Conception Paysage cantonale, l’idée d’un parc de l’eau a été énoncée, réunissant Rhône et Arve. Dans l’atelier « Observatoire du Rhône 2022 », cette notion de parc a ainsi permis d’interroger son périmètre, ses échelles, ses limites et la gouvernance (Filière Architecture du Paysage, 2024).
Paysage
« partie de territoire, telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations » (Conseil de l’Europe, 2000 cité in Sallenave et al., 2024). Le paysage, perçu et vécu, est ainsi compris comme une relation entre les habitant.e.s et leur milieu de vie, tant dans ses dimensions physiques et matérielles que sémiotiques et affectives.
Perception
Le paysage compris ici comme une vue d’ensemble, aux sens propres et figurés, des éléments visibles et invisibles d’un espace (combinaison de facteurs naturels et sociaux) et d’un « point de vue associé à des ressentis sur cette matérialité » (Davodeau et al., 2023, p. 8).
Point de vie
Le terme consiste à envisager la perception et la compréhension du monde non pas à travers des perspectives abstraites (qui peuvent sembler objectives), mais à partir de l’expérience sensorielle et de l’interaction d’un être vivant, voire d’un corps, avec son environnement (Aït-Touati et. al., 2019). Cette démarche cherche à témoigner de la situation des savoirs ou des connaissances (Haraway, 1988).
Point de vue
Littéralement, « lieu d’où l’on regarde » (CNRTL, 2024). Au sens figuré, « manière d’envisager une question, de traiter un sujet, opinion personnelle d’envisager les choses » (id.).
R
Représentation
« Reproduction, restitution des traits fondamentaux de quelque chose ou quelqu’un.e » (CNRTL, 2024). En paysage et dans les sciences humaines et sociales, la représentation passe généralement par plusieurs médiums afin de donner à voir la complexité des interactions et des interrelations dans toute leur globalité.
Ressource
Elément matériel ou immatériel découvert puis envisagé comme tel à partir du moment où un individu, un groupe ou une société exprime un besoin de l’exploiter et/ou le préserver, en vue d’en tirer un capital (financier, économique, social, culturel, etc.) et/ou une richesse idéelle. Une ressource est généralement naturelle et peut aujourd’hui être considérée comme telle, non pas dans des logiques productivistes (acception historique du terme), mais plutôt protectrices.
Rhône genevois
Partie du fleuve Rhône allant des berges genevoises du lac Léman jusqu’au vallon de la Laire, en aval, soit 28 kilomètres.
Rivière
« Cours d’eau moyennement abondant qui se jette dans un fleuve, dans la mer ou parfois dans un lac » (CNRTL, 2024).
S
Sensible
Fait référence à tout ce qui est perçu par les sens et qui contribue à l’expérience concrète du monde, y compris les sensations, les perceptions et les expériences corporelles. La dimension sensible spatiale comprend les interactions entre les individus, les communautés et leur milieu de vie de manière à rendre compte des rapports complexes et politiques qui façonnent la matérialité mais aussi les significations et usages du paysage.
Socio-écologique
« Les systèmes socio-écologiques correspondent à des systèmes intégrés couplant les sociétés et la nature (Liu et al., 2007), ce qui vise finalement à redéfinir les écosystèmes en considérant explicitement l’ensemble des acteurs, en intégrant donc l’homme comme une composante active du système » (Lagadeuc et Chenorkian, 2009 cité in Filière Architecture du Paysage, 2024).
T
Thématique
Relatif aux thèmes de chaque cartographie illustrant les résultats de ce projet (cohabitations, usages, nuits, sols, eau, vues, sols, sons et mutations).
Trace
Moyen utilisé dans ce projet pour valoriser les résultats auprès du grand public (écouter, se situer, inviter, ménager, rêver, s’immerger, (dé)=cadrer, accompagner, partager, spéculer/faire avec).
V
Vivant
Ensemble des êtres, organismes et espèces, considérés dans leur multiplicité, au-delà de la dichotomie humain/non-humain et dans une logique globale de relations et d’habitabilité conjointes.