Fabrique du paysage
Le Rhône, du glacier à la mer
Le Rhône prend sa source au glacier du Rhône, dans le massif des Alpes uranaises, à environ 2 200 m d’altitude. Il s’écoule d’abord sous forme de torrent alpin à travers la vallée de Conches puis la plaine du Valais, où son cours, longuement remanié (corrections du Rhône), est fortement rectifié et endigué pour la gestion des crues.
Il traverse notamment les localités de Gletsch, Brig, Sion, Sierre, Monthey puis atteint Villeneuve, à l’entrée du Léman.
À l’est du Léman, le fleuve entre dans le lac, qui assure une régulation hydrologique et sédimentaire majeure. Le Rhône ressort à Genève, avec un débit stabilisé, puis franchit la frontière franco-suisse. Il traverse ensuite la cluse de Bellegarde-sur-Valserine, espace concentrant plusieurs aménagements hydroélectriques.
En aval, le fleuve rejoint la plaine et traverse des centres urbains majeurs tels que Lyon, Vienne, Valence, Montélimar, Avignon et Arles. Le Rhône adopte ici un profil de plaine structurée par un réseau dense de digues, de canaux de dérivation et de barrages hydroélectriques. Ses principaux affluents alpins et préalpins — la Dranse, la Borgne, la Vispa, l’Arve — se greffent sur son cours supérieur, tandis que ses affluents majeurs du tronçon français — l’Ain, la Saône (son principal affluent), l’Isère, la Drôme, l’Ardèche, la Durance — contribuent fortement à son régime hydrologique.
À son arrivée en Camargue, le fleuve se divise en deux bras principaux : le Grand Rhône à l’est et le Petit Rhône à l’ouest. Cette zone deltaïque, composée de dépôts alluviaux, de zones humides et de milieux saumâtres, fait la transition avec la Méditerranée, où le Rhône se jette après un parcours d’environ 812 km.




Géomorphologie du bassin genevois
Le Bassin genevois fait partie du bassin versant du Rhône. La géomorphologie de cette zone est intrinsèquement liée au Glacier du Rhône qui a occupé l’espace pendant la dernière glaciation (Würm). Ce glacier s’avançait par moments dans la vallée du Rhône, et son passage a créé des sillons profonds dans la Molasse sous le Léman.
Le Bassin genevois, dont les bordures (Jura, Salève) sont autour de 500 m d’altitude et le Lac Léman à 372 m, a été sculpté par des processus glaciaires, fluviatiles, lacustres, ainsi que par l’activité humaine.
Les dépôts glaciaires successifs comprennent l’Alluvion ancienne (dépôt fluvio-glaciaire d’une rivière en tresse en aval du glacier) et diverses moraines basales (inférieure, intermédiaire, supérieure) laissées par les avancées et reculs du Glacier du Rhône.
La ville de Genève elle-même s’est construite sur le relief du Delta glacio-lacustre de Saint-Antoine, formé par l’accumulation de graviers et de sables expulsés par le torrent sous-glaciaire lors de la déglaciation (vers 20 500 ans BC).




Le paysage raconte le temps - La formation du territoire du PAV
Hydrologie du tronçon du Rhône étudié
Deux bassins versants se rencontrent à la Jonction : celui du Rhône (8000 km²) et celui de l’Arve (1973 km²). Ces cours d’eau présentent des régimes hydrologiques contrastés : le Rhône bénéficie de l’effet régulateur du Lac Léman, tandis que l’Arve conserve le caractère impétueux d’un torrent alpin.
Le bassin genevois s’inscrit dans le bassin versant du Rhône, né dans les Alpes valaisannes et responsable de 85 % de l’alimentation du Léman. À Genève, le Rhône affiche un débit moyen de 251 m³/sec, avec des crues pouvant excéder 700 m³/sec, tempérées par la capacité de stockage du lac.
Depuis 1884, l’exutoire lémanique fait l’objet d’une régulation destinée à maintenir le niveau lacustre stable. L’installation actuelle du Seujet, opérationnelle depuis 1995, combine cette fonction régulatrice à la production hydroélectrique. Point de confluence avec l’Arve : drainant les versants du massif du Mont-Blanc, l’Arve rejoint le Rhône à la Jonction avec un débit moyen de 79 m³/sec, soit environ un tiers du débit rhodanien. Sans aménagement régulateur majeur, elle connaît des crues exceptionnelles pouvant atteindre 840 m³/sec (record de 1968). Elle constitue le principal vecteur de matériaux solides pour le Rhône genevois, transportant annuellement 680 000 tonnes de sédiments divers (graviers, sables, limons). Ces apports peuvent remodeler significativement la morphologie de la zone de confluence lors d’épisodes de crue.



Transects sur le Rhône genevois
Les coupes géologiques du tronçon genevois montrent la succession des dépôts glaciaires reposant sur la Molasse. Par exemple, la Moraine basale supérieure, visible sur le haut des falaises de Saint-Jean, s’abaisse et passe sous le Rhône et le Quai de Seujet à hauteur du Pont Sous-Terre.
La confluence avec l’Arve à la Jonction révèle l’ancien cône de la plaine alluviale de l’Arve qui, par alluvionnement, repoussait le Rhône vers les falaises de Saint-Jean. Le relief du Bois-de-la-Bâtie, en rive gauche, est constitué par l’Alluvion ancienne recouverte de la Moraine basale supérieure.
Transects sur le Rhône
Le Cycle de l’eau
Les changements climatiques modifient l’ensemble du régime hydrique en Suisse.
• Température et Évapotranspiration : La température de l’air s’élève, augmentant l’évapotranspiration. La hausse des températures, en particulier en été, intensifie l’évaporation et réduit l’humidité du sol.
• Précipitations et Débits : Les changements climatiques entraînent une évolution des précipitations, avec une hausse hivernale et une baisse estivale. L’eau de fonte des neiges et des glaciers, qui diminuent massivement, sera moins disponible en été. Les débits des cours d’eau suisses montrent une baisse en été et à l’automne et une hausse en hiver et au printemps.
• Eaux souterraines : Le renouvellement des eaux souterraines sera accru en hiver et au printemps, mais fortement réduit en été et à l’automne, en partie à cause de la diminution de l’infiltration des eaux superficielles et des précipitations durant les saisons chaudes.
• Impact extrême : L’air plus chaud absorbe plus d’eau, rendant les fortes précipitations (et les crues localisées) plus fréquentes et plus intenses.

1. La partie visible du cycle de l’eau fait notre climat ..... 2. Un paysage de la cuvette genevoise est fasconné par les différentes étapes du glacier du Rhône 3. Rendre visible l’invisible. Où se trouve les nappes ? 4. Le fleuve, ce long cours d’eau et tout se qu’il charrie...